Saint Donat oeuvre pour notre protection
Saint Donat œuvre pour notre protection
Méditation rédigée par l'abbé Ladislas Tshisuaka, curé
Les paroissiens et ceux qui m’interrogent veulent que je leur parle de Saint Donat et du culte lié à sa personne, à sa sainteté et à son rôle dans notre histoire. Ils exigent même que je leur présente un plus. Sans prétention aucune j’accepte de me livrer à cet exercice que je considère comme une méditation sur « l’aide qu’apporte un saint ». Cette demande me permet de m’adresser à l’Esprit Saint. Comme c’est Lui qui sanctifie, il guidera ma recherche et l’approfondissement de cette réalité spirituelle. Toutefois, j’estime qu’il y a deux préalables à respecter sans lesquels toute acception n’est plus plausible. D’une part il faut essayer de décrire un saint sans être exhaustif dans les propos. D’autre part il faut présenter le terrain de son action bénéfique, la visée de son intercession, de sa protection telle qu’elle est voulue et permise par la Divine Providence.
1) Un saint est un instrument docile entre les mains de Dieu
Un saint est un homme ordinaire qui découvre le dessein de Dieu, l’accueille dans son cœur et dans ses actes. Et ce faisant, il laisse au Seigneur le loisir de le purifier graduellement afin de le transformer en instrument docile susceptible de participer au triomphe de son Saint Nom, de sa Volonté et son Règne dans le monde. Tous les âges peuvent s’engager sur cette voie et chacun peut, d’une manière ou d’une autre, rendre gloire à Dieu en offrant sa vie pour Lui. Selon cet agenda divin, il y a beaucoup à faire ! Dieu qui est Un et Trine donne l’exemple : il travaille. Comme Dieu, toutes ses créatures doivent prendre part au programme d’amour et de louange éternels. Les Archanges, les Anges, les Esprits bienheureux, les Puissances divines, tous les Saints sont conviés à l’œuvre de création, de rédemption et de sanctification. Dieu qui est tout en tous confie à chaque saint une tâche qui lui permet d’intercéder et d’aider les créatures humaines qui sont encore soumis à l’action de la pesanteur terrestre.
C’est une Bonne Nouvelle pour nous de savoir que le Ciel s’occupe de notre avancement spirituel, de notre conversion, de notre protection, de notre bonheur éternel. Celui qui croit profondément comprend ce langage ; il rend toute gloire à Dieu qui confie son œuvre à ses enfants du Paradis.
Ce devoir d’amour est aussi confié à tous les hommes de bonne volonté, aux citoyens du Ciel que nous sommes tous, à ceux qui croient et veulent marcher au rythme de Jésus Christ. Malgré notre faiblesse, le Seigneur nous associe à son œuvre de salut universel en nous donnant une dignité que notre intelligence humaine ne peut appréhender complètement. Ceux qui n’ont pas encore compris que le Seigneur compte sur eux pour la réalisation de son plan d’amour ont néanmoins la possibilité de prendre à leur compte cette question posée à Jésus Christ : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? " (Jn 6,28). La réponse escomptée consiste à faire confiance en Jésus et à se mettre rapidement à son Ecole. C’est en acceptant de devenir disciple humble, sincère et généreux que l’on acquiert l’intelligence spirituelle et le désir de s’investir corps et âme dans les affaires de Dieu. Celui qui fréquente Jésus apprend à aimer et à servir comme Jésus.
2) Un Saint intercède pour le corps mais surtout pour l’âme de l’homme
Il est un écueil qui guette tout demandeur d’intercession en se servant de l’entremise d’un saint : celui qui consiste à demander uniquement la protection, la guérison du corps physique. Cette démarche ne vise que la satisfaction de tous les besoins liés à l’existence terrestre, tandis que le cœur et l’âme sont négligés ! L’être humain n’est-il pas corps et âme, périssable et impérissable ? Le moteur de la vie humaine n’est-il pas spirituel ? Pourquoi bloquons-nous l’aide qui vise la dimension spirituelle de notre éternité ? - Pourquoi ne pas alimenter son âme en vue de son éternité en Dieu ? Qui ne se souvient de la double guérison opérée par Jésus sur le paralytique. « Quel est donc le plus facile, de dire : Tes péchés sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche ? » (Mt 9,5). Les deux guérisons, celle du corps et de l’âme, se conjuguent harmonieusement bien. Le Christ donne le ton et l’exemple que tous les saints suivront à travers leur intercession et leur action liée à la Rédemption. Leur aide concerne donc la vie terrestre, mais elle offre un plus : la guérison intérieure, la protection contre les mauvais esprits, la préparation quotidienne à la vie céleste. Comment comprendre autrement les paroles de sainte Thérèse qui disait : « Mon Ciel je le passerai à faire du bien sur la terre » ?
La capacité d’aimer et de protéger les autres, même après la mort physique d’une âme sainte, plonge ses racines en Jésus lui-même. C’est Lui le Sauveur et le Maître dont la mission et les pouvoirs ne s’arrêtent pas mais s’expriment à travers les hommes sanctifiés par l’Amour et orientés éternellement vers le bien à accomplir. Saint Luc a raison de dire : « Tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur Lui. » (Lc 4,20). C’est vrai : Jésus Christ est le Sauveur que Dieu nous donne. Les Actes des Apôtres nous disent que partout où il passait il faisait le bien, il guérissait tous ceux qui étaient tombés au pouvoir du diable (Ac 10,38). Le bien qu’il accomplit à travers les saints concerne le corps, l’âme, le cœur, l’esprit, la famille, le quartier, le village, le pays, l’Eglise etc. Après avoir assimilé ce que le Christ enseigne en ce domaine, nous comprenons que la vie terrestre et la vie céleste sont accordées aux hommes pour qu’ils fassent triompher le bien par le canal de l’amour illimité. Les saints et les saintes s’acquittent bien de ce devoir d’amour enseigné par Jésus le Bon Maître. Celui-ci ne garde pas égoïstement ses pouvoirs (Mt 28,18) : en partageant notre condition d’homme, Jésus Christ partage aussi ses prérogatives. A ce propos l’évangéliste Matthieu nous donne d’entendre des paroles saisissantes : « A cette vue, les foules furent saisies de crainte et glorifièrent Dieu d'avoir donné un tel pouvoir aux hommes. » (Mt 9,8). La catéchèse de Matthieu se veut insistante et précise : « Ayant appelé à lui ses douze disciples, Jésus leur donna pouvoir sur les esprits impurs, de façon à les expulser et à guérir toute maladie et toute langueur. » Mt 10,1.
1. A l’écoute de la Tradition chrétienne
Traditionnellement la prégnance symbolique reconnue et attachée à l’action de saint Donat est constituée par des motifs d'invocation contre la foudre, la tempête, la grêle, les inondations, l’orage, la peur chez les enfants. Hormis l’homme en danger, cette invocation concerne aussi la protection des maisons, des champs, des fermes, ainsi tout que lieu de rencontre pouvant être menacé par les éléments de la nature et les forces du mal. Voilà ce que la dévotion populaire nous donne à voir et à entendre. Il est difficile d'effacer les traces de la vénération en vigueur manifestée par nos ancêtres dans la foi. Les jeunes générations peuvent découvrir ce patrimoine religieux et entrer dans ce riche mouvement spirituel pour en récolter des fruits abondants.
2. Grand Pèlerinage annuel à Saint Donat
En ce qui concerne la paroisse de Sainte Cécile, nos Ancêtres dans la foi ont laissé des traces on ne peut plus remarquables de leur dévotion. Les statues de saint Donat, une belle chapelle, un Cercle paroissial, un Grand Pèlerinage annuel à Saint Donat sont autant des signes de leur foi et de leur vénération. Ce culte s’est perpétué jusqu’à nous. A la Saint Donat une messe solennelle est célébrée (10 h 30). Elle est chantée par la Belle Chorale paroissiale (Chassepierre / Sainte-Cécile). A 15 heures ont successivement lieu la Procession du Saint-Sacrement animée par l’Harmonie de Muno, l’homélie, les Vêpres, la Vénération de la Relique, la Bénédiction solennelle et le verre de la fraternité chrétienne. Y participent les paroissiens, les habitués, les habitants des villages voisins et lointains.
La paroisse et le village de Sainte-Cécile s'inscrivent dans une vaste tradition chrétienne qui vénère Saint Donat. Plusieurs lieux de prière, à travers l'Europe, lui vouent un culte. Comme nous le faisons chez nous : à l’intention de saint Donat on organise annuellement une Eucharistie solennelle, une neuvaine, une procession avec le Saint-Sacrement, des vêpres, des prêches. La vénération de la Relique et la vente de certains objets ayant trait au culte permettent aux participants de vivre avec foi cette journée d’action de grâce. A cela nous ajoutons les biographies, la litanie de saint Donat ainsi que la prière que l’assemblée adresse au Saint Protecteur.
3. Aller au-delà de la simple invocation
Il serait insuffisant de se contenter d’un aspect d’une réalité très riche, d’emprisonner un saint dans sa prégnance symbolique, c’est-à-dire, dans la conception fixée par l’opinion, fût-elle scientifique ! La partie visible de la vie d’un saint renvoie à une autre que les sens ne peuvent capter immédiatement. Grâce aux yeux de la foi, l’homme de bonne volonté peut percevoir la main divine, à l’œuvre, dans la vie d’un être sanctifié et mobilisé pour la bonne cause. Il peut aussi découvrir sa sphère d’influence qui dépasse largement l’invocation, la dévotion, la vénération. Un saint est un être humain divinisé : ses prières, ses actes et son amour prennent directement leur force en Dieu. Comme son Dieu, tout son être est amour qui s’exprime, se donne, intercède, veille, sert et protège les membres fragiles de la famille de Dieu.
Nous pouvons le dire sans peur de nous tromper : un saint un être fort de la force infinie de Dieu. L’intelligence humaine est limitée dans le temps et l’espace. Sans être aidée et initiée, elle n’est pas capable de concevoir et de contenir le patrimoine céleste. Ne découvrent ce dernier que ceux qui vivent sous le règne de la foi, de l’espérance, de l’amour, de l’humilité, de la prière, de la Parole de Dieu, bref sous le Règne de l’Esprit Saint à l’œuvre dans le quotidien.
Saint Donat, soldat sur la terre a découvert, dans l’éternité de Dieu, la grandeur et la noblesse de son métier de guerrier au service de son Créateur qui l’engage dans le combat contre l’enfer et les puissances du mal. Il a donc compris d’une manière parfaite les attentes et la volonté de son Créateur. Quoi de plus beau que de s’engager à nouveau dans l’œuvre dont la victoire est sûre et certaine ! Les bénéficiaires de cet engagement militaire sont les hommes et les femmes encore en pèlerinage sur cette terre. Lorsque les ennemis de Dieu et de la race humaine s’infiltrent dans les éléments de la nature, suscitent des maladies étranges et incurables, poussent à la drogue et au désordre de toutes sortes, pour se moquer de la naïveté de l’homme, pour le ridiculiser, le blesser à mort, le diminuer et finalement le tuer corps et âme, Saint Donat et les Armées Célestes réagissent et combattent pour nous. Ils désarment les esprits rebelles et leur infligent une défaite écrasante. Ils nous rappellent que Jésus Emmanuel est avec nous dans notre barque, dans notre maison, dans notre famille. Le vent, la tempête, les vagues, le tonnerre, la foudre, les intempéries, le séisme lui obéissent.
Puisque Jésus mon Sauveur est toujours avec nous, selon sa promesse, ma peur n’a pas sa raison d’être. Je fais mien ce témoignage éloquent : « Yahvé est mon roc et ma forteresse, mon libérateur, c'est mon Dieu. Je m'abrite en Lui, mon rocher, mon bouclier et ma force de salut, ma citadelle et mon refuge. » (Ps 18,3). Puisque les Puissances Divines, nos Anges Gardiens et saint Donat combattent pour nous, je dors en paix et je garde confiance.
4. Combat contre les puissances infernales
Comme nous l’avons compris : saint Donat n'est pas invoqué seulement à l'occasion de l'orage, de la foudre, ou du déchainement des éléments de la nature. J’estime qu'il faut aller au-delà de cette conception matérielle de l’aide précieuse apportée par cet homme de bien. Un saint n’offre pas un secours unidirectionnel, unicolore, occasionnel. Son champ d’action est vaste parce qu’il est comme une goutte dans l’océan divin. Nous qui sommes encore sur cette terre nous avons besoin de formuler une définition, de faire une description ou de présenter un portrait moral pour permettre à l’esprit humain, limité dans le temps et l’espace, de saisir l’immensité de l’œuvre de Dieu dans la vie d’un homme comblé d’amour et de force éternels.
Saint Donat est un homme qui agit avec la force divine basée sur l’amour parfait dont le but est de se déverser sur l’humanité en péril. Son intercession, son grand combat en notre faveur est engagé contre la foudre et la tempête spirituelles, qui sont en fait l'œuvre des puissances du mal. Les démons sont des êtres pernicieux qui se tiennent sans cesse en embuscade : ils surveillent et épient l’homme, ses péchés habituels, ses œuvres de ténèbres, ses faiblesses, ses peurs, ses contradictions, ses compromissions, son hypocrisie, sa malice. Ces ennemis de l’homme sont en quête de tout ce qui peut le déstabiliser, le décrédibiliser, l’apeurer, le faire trembler, l’intimider, le paralyser, le confondre, le salir, l’enrager. Ils profitent de l’occasion que les éléments de la nature leur offrent pour le démolir complètement, et ainsi perdre son corps, son âme, ses biens, ses dispositions vertueuses, sa dignité et surtout son éternité. Auteur du mal et fomentateur des coups durs, ils font subir à l’homme le sort qu’ils avaient orchestré contre Dieu Un et Trine. Pour arriver à leur fin, ils se sont ralliés à eux certains hommes, ont fait alliances avec eux dans le seul but de combattre le Créateur et les créatures humaines.
Mais Jésus Christ le Sauveur du genre humain ne pouvait pas accepter que les hommes et les femmes pour lesquels il a souffert, est mort et ressuscité soient détruits et ridiculisés par les esprits rebelles. Et nous ne sommes pas sans savoir qu’il a payé la Facture de son Amour Infini : il s’est anéanti pour que l’humanité flouée soit sauvée ! A chaque instant et en tout lieu Jésus veut libérer ses frères et ses sœurs. Pour ce faire, il mobilise sa Sainte Mère, le Ciel et la terre pour contrecarrer l’œuvre de l’enfer. Ceux qui sont déjà dans l’Eternité Divine et ceux qui attendent, participent à ce combat contre le mal et le malin, contre la mort et l’auteur de la mort. Saint Donat s’active dans la lutte que mène le Christ. La Vierge Marie et ses troupes se lancent à la poursuite de l’enfer pour arracher les âmes et les donner à Jésus notre Libérateur.
Tous les dégâts causés par les puissances du mal ont pour but la perte de l’homme. Ce dernier doit être foudroyé d’une manière ou d’une autre. L’enfer est aux antipodes du Ciel : partout où les ennemis passent ils sèment la mort, ils détruisent tout ce que Dieu et l’homme font. D’aucuns pourront le constater avec tristesse : les démons s’acharnent sur l’image de Dieu, sur son Eglise. Rien n’échappe au traitement qu’ils réservent à la réalité qui ne vient pas de leur quartier général : les sacrements, la dignité du sacerdoce et du mariage, la famille, la fidélité et la stabilité conjugale, l’innocence, les vertus, la vie spirituelle, les vœux de religion, les vérités de la foi et le patrimoine religieux et sont dans l’œil du cyclone. L’ouragan se déchaine et les ravages sont importants. L’enfer prépare et suscite des scandales de tout genre. Il sème la zizanie, la division, la séparation, la haine, la guerre. La bourrasque infernale s’abat sur nos lieux de vie et d’amour. Ceux-ci sont devenus comme des barques ballotés par les vents violents, par la tempête de la rancœur, de l’égocentrisme, de la jalousie, de la vengeance, de la haine, de l’orgueil. La fête et la joie des retrouvailles familiales peuvent être foudroyées par le règlement de compte, par les semblables qui se conduisent avec opportunisme, par des vieilles rancunes, par quelques membres en mal de vivre, en manque de sagesse. L'enfer le sait : lorsque les gens sont exclusivement matérialistes et pleins d’eux-mêmes et de leurs intérêts, ils sont aveugles et sourds. Ce faisant, ils sont mûrs pour toute espèce de scélératesse. Il peut les manipuler à sa guise pour foudroyer l'unité, l’amitié, les efforts de paix, l’entente, le pardon, la fidélité, le service, l'humilité et la communion familiale. Il soulève sans cesse des tempêtes sur des communautés aveuglées par lui, sur des peuples pour détruire la fraternité universelle. Sur toute l'humanité, il déverse la grêle des passions déréglées, faisant de l’homme un être enclin au péché, à l’indignité, à la bassesse.
La foudre, la tempête, l’ouragan, la grêle, l’épidémie suscités par les forces du mal sont à considérer comme les germes de mort, les occasions de chute qui menacent et veulent détruire les valeurs fondamentales sans lesquelles l’homme n’est rien aux yeux du Seigneur. L’enfer déploie toutes ses énergies pour que l’humanité néglige, oublie et abandonne l’essentiel de son être au monde : vie spirituelle et sacramentelle, engagement sacerdotal, amour conjugal et responsabilité généreuse, vertus et Sagesse divine, Parole et grâces divines, actes de charité et probité morale, prières et dévotions, méditation et silence, tendresse et douceur, profondeur et discernement des esprits et j’en passe et des meilleures. L’enfer remplace tout cela par ses œuvres de mort : mensonge, hypocrisie, jalousie, envie, haine, orgueil, soif de vengeance, racisme, vie des plaisirs. Ses œuvres n’apportent jamais la paix. Disputes, éclats de voix, bagarre apportent la mort partout. En payent les frais l’Eglise, la famille, le couple, les entreprises, les diverses formes de communauté et institutions, les pays. Tout ce qui est conçu pour la bonne marche du monde bute contre les fureurs de la tornade infernale !
Que peut faire saint Donat devant ce spectacle désolant ? Il ne peut tout de même pas rester les bras croisés, sans rien faire ! Il prendra son équipement de combat et il ira en guerre contre l’auteur de tout ce mal pour le désarmer et le chasser ! A ce propos, saint Paul fait comprendre à tous que l’équipement de combat n’est pas l’apanage de l’Armée Céleste et de son Donat, il est aussi à notre portée. Nous sommes plus forts que les démons et nous l’ignorons ! Nous sommes du côté du Plus Fort et nous ne sommes pas conscients de cela ! Il n’est jamais tard. Redécouvrons ensemble cet équipement offert par notre Dieu et prenons conscience de notre force spirituelle, de notre dignité d’enfants de Dieu et de cohéritiers avec le Christ :
« En définitive, rendez-vous puissants dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l'armure de Dieu, pour pouvoir résister aux manœuvres du diable. Car ce n'est pas contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes. C'est pour cela qu'il vous faut endosser l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester fermes. Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse, et pour chaussures le Zèle à propager l'Évangile de la paix ; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ; enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la Parole de Dieu. Vivez dans la prière et les supplications ; priez en tout temps, dans l'Esprit ; apportez-y une vigilance inlassable et intercédez pour tous les saints. » Ep 6,10-18.
A son tour saint Jacques enrichit notre méditation. Prêtons-lui aussi une oreille attentive : « Est-il quelqu'un de sage et d'expérimenté parmi vous ? Qu'il fasse voir par une bonne conduite des actes empreints de douceur et de sagesse. Si vous avez au cœur, au contraire, une amère jalousie et un esprit de chicane, ne vous vantez pas, ne mentez pas contre la vérité. Pareille sagesse ne descend pas d'en haut : elle est terrestre, animale, démoniaque. Car, où il y a jalousie et chicane, il y a désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Tandis que la sagesse d'en haut est tout d'abord pure, puis pacifique, indulgente, bienveillante, pleine de pitié et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie. » (Jc 3,13-17).
5. Protéger et sécuriser les enfants
La tradition chrétienne nous dit que la protection assurée par saint Donat concerne aussi l’enfance, période pendant laquelle l’être humain a besoin d’être désiré, accueilli, éduqué et soutenu. Mais hier comme aujourd’hui, les personnes qui sont le plus affaiblies et foudroyées par le mal social sont les enfants. Bien avant leur naissance l’hostilité et la mort les attendent. Ils ne verront jamais la lumière du soleil. Leur sort est déjà fixé par les lois et les instruments de destruction. Le sein maternel s’est transformé en couloir de la mort. Qui se lèvera pour prendre leur défense ? Combien sont-ils ceux qui parlent de leur droit à la vie ? Quel mal ont fait ces êtres faibles et sans protection, pour mériter telle condamnation ? Ce qu’ils éprouvent c’est plus que la peur. C’est avec stupéfaction que saint Donat et tous les habitants du Paradis assistent à un spectacle innommable, à l’exécution programmée et justifiée de personnes faibles et sans défense. A peine nés, certains enfants font l’amère expérience d’une autre peur générée par le manque d’amour qui les entoure. Ils sont témoins des scènes de dispute, de séparation et de haine implacable. Choqués, déstabilisés, violentés et même violés, les enfants ne sont pas capables de faire confiance aux adultes ! Ces nouveaux martyrs par million et dans tous les pays vivent dans la douleur, le scandale provoqué par ceux qui sont censés les protéger, les aider à grandir normalement (Lc 17,2). Ils payent la facture de ceux qui n’ont pas emprunté la voie d’amour tracée par Dieu ! Ils portent une croix qui dépasse leur âge et leur force. Nuit et jour ils ont peur d’être abandonnés, laissés pour compte. Point n’est besoin pour nous de juger et d’incriminer qui que ce soit ! Mais la situation de ces enfants est tellement grave que se taire serait de la lâcheté. On ne peut pas ne pas voir la réalité qui crève les yeux : le petit être humain pleure, tremble, crie ! Qui plaidera la cause de ces millions d’enfants scandalisés par le comportement irresponsable des adultes ? Quel décideur responsable pense encore au droit d’un enfant d’avoir une mère et un père unis pour le meilleur et le pire ? Quel est l’homme de bonne volonté qui refusera de légaliser le divorce et travaillera pour une préparation sérieuse au mariage, pour la réconciliation à l’échelle planétaire, pour que triomphent le pardon et l’amour ? Un peuple qui ne s’occupe pas des droits fondamentaux de l’enfant, qui ne décourage pas la séparation des conjoints, qui ne met pas l’accent sur les valeurs évangéliques (dont l’universalité n’est plus à démontrer) en leur qualité de facteurs de cohésion, de communion durable, de fidélité, d’unité, de pardon et d’amour véritable, ce peuple œuvre sans vergogne pour la destruction de l’homme et de la cellule familiale.
Il est vrai que les enfants font des cauchemars, ils n’ont pas de repère, le monde dans lequel ils vivent leur est hostile. Lorsque la tendresse, la caresse, l’attention, bref l’amour sous toutes ses formes n’est pas au rendez-vous, l’enfant devient instable et peureux. Pour se protéger il se cache dans son monde et ferme la porte et les fenêtres de son être au monde. Que peut faire un homme de bonne volonté pour protéger et secourir cet être faible qui ne désire que l’amour ? Cet homme de bien c’est Saint Donat. Devant les misères de l’enfance violentée et insécurisée il ne peut pas se taire, il ne peut pas se défiler. Il est obligé d’intervenir lorsque les enfants crient leur souffrance. Il rappelle à l’Eglise, à la famille et à la société, leur rôle irremplaçable dans la vie de l’enfant choqué et abandonné à son sort (Lc 17,2). Ceux que Jésus bénissait et embrassait ont droit à tous les égards, à une éducation saine. C’est en étant à l’intérieur de la logique évangélique qu’on apprend à aimer et à servir les jeunes frères du Christ. C’est en vivant de l’Evangile que l’on apprend à construire une communauté familiale à travers laquelle chaque membre se réalise et s’enrichit au contact de l’ensemble, dans un cadre paisible et viable. Le moteur central est l’amour (1 Co 13,1-13). Celui-ci plonge ses racines profondes en Jésus qui aime et pardonne. Les parents se ravitaillent et se renouvellent en Lui. Les enfants suivent leur exemple et découvrent ainsi le chemin et l’agenda que le Père Eternel a prévus pour ses enfants de la terre.
Toi qui aimes la vie et la respectes
Cher ami, toi qui aimes la vie,
Prête-moi une oreille attentive, je t’en prie.
Un enfant qui doit naître existe bel et bien.
La charité chrétienne te rappelle qu’il est aussi le tien.
Laisse-le venir au monde et montre-lui le ciel bleu.
Sinon son Sang criera vengeance devant Dieu !
Un tout-petit écartelé et choqué tu connais.
Au Nom de Jésus Christ, dis aux parents de se réconcilier.
Un gosse affamé tu as déjà vu, c’est certain.
Ouvre ton cœur et tes mains pour qu’il ait un morceau de pain.
Un petit homme malade tu as entendu crier.
Ne bouche pas tes oreilles, va auprès de lui pour le consoler.
D’un gamin qui ne dort pas on t’a parlé.
Il souffre et son angoisse est très grande, tu le sais.
Des petits soldats et des jeunes manipulés tu as remarqué.
Ne fais pas semblant, fais quelque chose pour qu’ils soient éduqués.
La marmaille hors-la-loi tu croises souvent.
Mais la balle est dans ton camp.
S’occuper de leurs besoins fondamentaux en tant qu’éducateur,
C’est redécouvrir notre rôle de poteau indicateur.
Ces petits ont besoin de voir, d’écouter et d’imiter.
Ne te dérobe pas : accepte d’être leur modèle et leur frère aîné.
N’as-tu jamais vu les larmes d’un enfant ?
Elles interpellent et accusent l’esprit nonchalant.
J’ai rencontré des enfants esseulés qui me demandaient l’adresse de leurs parents.
C’est le monde à l’envers : désormais c’est le troupeau qui cherche le berger !
Un gosse qui tremble et souffre dans sa chair a besoin de Toi,
de tes soins et de ta présence pour le rassurer.
Ne laisse pas tout le boulot à saint Donat.
Mais découvre ce que Dieu a mis dans ton cœur
pour faire de toi son bon et fidèle serviteur.
6. Avec saint Donat contre les vagues de l’enfer
Comme nous l’avons dit plus haut : saint Donat et tout le Ciel combattent pour nous. Mais notre part de travail et notre désir de vaincre le mal en nous et autour de nous sont aussi attendus. Si nous sommes capables de constater les dégâts causés par les diverses formes de tempête, d’orage et de grêle, si chacun de nous peut parler de son expérience en cette matière et de la souffrance qui s’en est suivie, nous pouvons tous ensemble dire que nous connaissons l’ennemi et ses méthodes. Ne pas réagir, ignorer Saint Donat et les Armées Célestes, ne pas utiliser l’équipement de combat que la Divine Providence met à notre disposition c’est se comporter en soldat qui a tout le matériel de victoire, mais laisse l’ennemi détruire sous ses yeux hommes et femmes, famille, village, pays. Cela équivaut à ne pas assister une personne ou des personnes en danger de se perdre. C'est commettre le péché par omission.
Mais agir contre les orages et les tempêtes soulevés par les forces infernales aujourd’hui, prévenir les dégâts, travailler pour consolider le cœur de l'homme, l’environnement vital, les structures d'accueil et d'amour, la fidélité conjugale et sacerdotale … c'est se comporter en hommes victorieux de tous les germes de mort qui se déchaînent contre l’existence humaine, contre la terre que le Créateur a donnée à tous. Le respect de la création est un acte de responsabilité et de gratitude envers les merveilles divines et envers le Créateur. A la terre il a donné le pouvoir de nous porter et d’assurer notre subsistance.
Par ailleurs, aimer et respecter les œuvres d’amour voulues par Dieu pour assurer le bonheur, la stabilité, l’unité fraternelle, la paix, l’épanouissement, la cohésion et l’éternité bienheureuse de la race humaine, c’est vivre en enfants de lumière, en soldats de Dieu, en serviteurs bons et fidèles, maintenant et après notre mort physique.
La spiritualité de Saint Donat est très riche. En entrant dans cette maison de Dieu l’homme d’aujourd’hui entend les appels de son Seigneur et de ses frères. Avec saint Donat il s’inscrit généreusement dans le registre et dans l’agenda prévus par Dieu et Trine. Saint Donat n’est pas son Dieu. Mais il est son frère qui lui montre comment aimer, servir et secourir l’homme en danger. C’est ensemble que nous invoquons ce grand saint et lui demandons d'intervenir dans le temps qui est le nôtre. Sous les ordres de saint Michel Archange et avec lui, saint Donat combat les éléments nuisibles et perturbateurs de l’harmonie divine instaurée sur la terre.
Saint Donat œuvre pour notre protection
S’il y a de l’orage dans l’air,
Saint Donat nous rappelle l’essentiel qui pacifie et éclaire.
S’il nous arrive d’attirer les foudres de quelqu’un,
Calmons-nous, prions et aimons ! Cela lui fera du bien.
On dit souvent : « Qui sème le vent récolte la tempête ! »
Mais « Heureux les artisans de paix … »,
Telles sont les paroles que la foi en Jésus nous répète.
Les misères s’abattent-elles sur nous comme la grêle ?
« Que votre cœur cesse de se troubler … »
Voilà la promesse de Jésus et elle est belle.
Si les enfants ont peur c’est parce que les germes de mort les entourent.
Prendre leur défense et protéger leur vie les rassurent.
Le coup de foudre peut surprendre et envahir l’espace vital !
Mais croire en Dieu, aimer, analyser et réfléchir, c’est capital.
C’est sûr : saint Donat œuvre pour notre protection.
Mais il ne nous interdit pas de résister à nos passions.
Toutes nos clés ouvrent et souvent ferment les portes !
Mais la foi, l’espérance et l’amour dévoilent les trésors que Jésus apporte.
Le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont toujours à l’œuvre chez nous.
Toute la création les imite et devant l’enfer doit refuser de tomber à genoux.